YOUR MAJESTY, n° 36, hiver 2002 / 2003:

fanzine officiel français consacré à Dream Theater

 

PORCUPINE TREE

In Absentia

 

Cinquième album studio pour Porcupine Tree, groupe de progressif à tendance pop, à moins que cela ne soit le contraire. In Absentia n'est pour l'instant distribué qu'aux Etats-Unis, et devrait l'être en janvier en France. Après le très bon Lightbulb Sun, on est curieux de voir comment la bande de Steven Wilson va évoluer.

Ce qui frappe à la première écoute de ce In Absentia, c'est bien évidemment que le groupe a trouvé une énergie nouvelle qui se ressent dans les compositions. On est étonné par les gros riffs de guitare sur le premier titre de l'album "Blackest eyes", associés à un refrain très pop. Ce titre a évidemment un fort potentiel de single.

Mais Porcupine Tree n'a pas oublié qu'il est un groupe de rock progressif avant tout, et le prouve avec le deuxième titre "Trains" et ses superbes harmonies vocales, ainsi qu'avec le suivant, "Lips of Ashes", dont l'ambiance est très floydienne. Puis vient "Sounds of Muzak", dont le rythme fait indéniablement penser à "I might be wrong" de Radiohead (petit emprunt au groupe que Steven Wilson jalouse par dessus tout ?), heureusement le refrain très pop et entraînant, là encore, différencie clairement ce morceau du titre dépressif de la bande à Thom Yorke.

Un nouveau morceau calme vient contraster avec le précédent, "Gravity Eyelids", qui commence sur une ambiance très aérienne, et s'énerve un peu au milieu pour un passage instrumental très progressif du plus bel effet. Suit "Wedding Nails", un instrumental rock progressif très réussi. Retour à un morceau pop avec "Prodigal", la voix de Steven Wilson fait mouche une nouvelle fois. Après un nouveau passage plus atmosphérique, ".3" (décidément l'alternance est de rigueur sur cet album), on retrouve un titre plus énergique, "Creator has a mastertape", à l'ambiance bizarroïde et chaotique, l'utilisation d'effets sur les voix collant à merveille à l'esprit du morceau. "Heartattack in a Layby" est, comme vous pouvez vous en douter, une compo plus calme, l'utilisation de plusieurs voix se répondant lui donnant toute sa beauté.

L'avant dernier morceau de l'album, "Strip the Soul", est assez rock, et laisse rapidement place à "Collapse the Light into Earth", où l'alliance des accords de piano et de la voix de Steven Wilson fait atteindre à In Absentia son paroxysme émotionnel, pour clôre de superbe manière l'album.

Un petit mot sur la production, qui est comme d'habitude excellente, mais qui douterait encore des capacités exceptionnelles de producteur de Steven Wilson ?

In Absentia est une petite merveille de maîtrise de la pop progressive par Porcupine Tree, aussi beau que les albums précédents; plus énergique, il donne un peu moins envie de jouer à la roulette russe avec six balles dans le chargeur que ces derniers. C'est ce qui en fait à mon avis l'album le plus réussi de la discographie de Porcupine Tree, et qui pourra je pense apporter un nouveau public au groupe.

 

Bertrand Croisé