ROCK SOUND, n° 83, Septembre 2000

 

"Voyage 34: The Complete Trip"

"Lightbulb Sun"

 

Porcupine Tree a été pendant longtemps le joyau de Steven Wilson. Mais pas forcément du public. Alors qu'avec son premier groupe No-Man il tapait dans l' "arty-rock", il s'est d'abord essayé avec les premiers albums de PT - qui tenaient plus d'albums solos - à un rock planant qui n'hésitait pas à rouler un quinze feuilles pour bien s'envoler. La réédition de "Voyage 34" (d'abord paru en 1992 et 93 sous la forme de deux EP's) est à ce titre exemplaire. Soit une longue improvisation tour-à-tour gilmourienne et ambient sur fonds de texte parlé retraçant les sensations d'un homme prenant pour la première fois une pilule de LSD. Plutôt difficile à gober donc. Surtout en comparaison d'un sixième album tout chaud sorti du four. Devenu un groupe à part entière depuis quatre ans, Porcupine Tree a découvert le bonheur du travail collectif et de la concision. Recentré sur de vraies chansons à part entière depuis le quasi-parfait "Stupid Dream" paru l'année dernière et sur les mélodies vocales dans un créneau très pop à la Beatles, le groupe est devenu l'orfèvre d'une pop fine et délicate. Que cela soit dans la balade cristalline ou même dans de réservées et jamais bavardes embardées vers le rock progressif traditionnel (les treize minutes épiques de "Russia on ice"), le quatuor excelle au sein de son carré réservé, entre Radiohead et Pink Floyd, dans une oeuvre cristalline et aux détails fourmillants. Grand disque et surtout grand groupe.

 

Olivier BADIN