ROCK HARD, n°15, octobre 2002

 

PORCUPINE TREE

In absentia

 

Note : 9,5/10

3eme au soundcheck (classement par ordre de préférence de tous les journalistes de ROCK HARD) sur 43 albums chroniqués.

 

Quel scandale ! Comment un disque aussi remarquable que celui-ci peut, pour l'instant, ne pas être distribué en France, alors qu'il est disponible aux USA depuis le 24 septembre…

En ce qui nous concerne, chez ROCK HARD, nous avons tellement aimé cet album que nous ne pouvons pas attendre janvier pour vous en parler !

On savait que l'arbre à porc-épic de Steven WILSON était un groupe outrageusement doué, mais ce nouvel opus, le premier pour la major ATLANTIC aux USA, dépasse toutes nos espérances.

D'entrée de jeu, BLACKEST EYES nous met une gifle dantesque : la production de cette galette est purement monumentale.

Dans un même morceau, les riffs de guitare déchirent tout sur leur passage et la batterie (Gavin HARRISON, qui a remplacé Chris MAITLAND à ce poste, est tout aussi phénoménal que son prédécesseur) vous explose le thorax, tandis que la voix aérienne de Steven WILSON et ses parties de guitare acoustique nous conduisent au nirvana.

Etonnant contraste que l'on retrouve fréquemment au fil de l'album.

Chantre d'un rock progressif tirant fortement sur la pop, avec de très nombreuses parties de guitare acoustiques, PORCUPINE TREE repousse avec cet album les limites du genre et s'impose comme un groupe incontournable.

IN ABSENTIA est une ode à la beauté et à la tristesse aussi, parfois.

Les arrangements sont tout simplement remarquable, sublimant des compositions parfaitement dosées et d'une sensibilité presque irréelle.

Il faut le reconnaître : les mots sont impuissants à décrire la force émotionnelle d'un tel album ; c'est un peu comme si l'on essayait de traduire BAUDELAIRE en musique.

Voilà donc un disque au potentiel énorme, à même de séduire un très large public , y compris dans le milieu métal ; un milieu que Steven WILSON connaît d'ailleurs bien, en tant qu'amateur (le garçon apprécie les musiques extrêmes) mais également en tant que producteur (il a notamment, produit l'excellent dernier album en date d'OPETH).

Alors si vous ne connaissez pas encore ce groupe, c'est vraiment le moment de le découvrir.

Talent pur.

 

Stéphane AUZILLEAU