>>> interview de Steve Wilson le 4 octobre 2000 par Eric Guilbot >>>

Eric Guilbot: Quelles sont tes premières impressions sur cette tournée avec Dream Theater ?

SW : Très bonnes. Quand on joue en première partie d'un autre groupe, on joue devant un large public entièrement acquis au groupe vedette. Alors tu ne sais jamais trop à quoi t'attendre. Mais en fait lundi soir (ndr : le 2 octobre 2000) le seul concert que nous ayons fait jusqu'à présent, tout s'est très bien passé, et j'ai été très surpris. D'une certaine manière, certains pourraient dire " vous devriez vous en sortir car votre musique est assez similaire ". Mais je n'ai jamais vraiment pensé qu'elle était similaire. Je pense que leur musique tend plus vers la complexité et le côté technique. La nôtre est plus atmosphérique comparée à la leur. Mais il doit y avoir des similitudes, car leur public a eu l'air de beaucoup aimer ce qu'on faisait.

E G: Est-il prévu que vous reveniez en France lors de la tournée 2001 ?

SW : Je souhaite faire une tournée dans l'Europe entière au printemps prochain. Mais ça dépend beaucoup de l'intérêt qu'on les promoteurs, ainsi que des salles françaises. Ca nous coûte beaucoup d'argent de partir en tournée comme tu dois t'en douter. On perd pas mal d'argent en tournée. On doit donc être sûrs que quand on fait un concert quelque part, il bénéficiera d'une bonne promotion, qu'il y aura de la publicité, et qu'il y aura suffisamment de monde pour que ça vaille la peine qu'on vienne. Je pense qu'aujourd'hui il y a quelques salles en France où on pourra venir. On a un assez bon noyau de fans. Evidemment, l'avantage de faire la première partie de DT est que certaines personnes qui nous on vu jouer un concert de 30-35 minutes voudront revenir pour nous voir jouer un concert entier. C'est bien sûr pour une de ces raisons que nous avons senti que c'était mieux de tourner maintenant avec DT, et de revenir ensuite avec notre propre tournée. Je pense que davantage de gens voudront nous voir sur scène.

E G: Comment sont choisis les titres joués en live ?

SW : On fait en ce moment la promotion du nouvel album Lightbulb Sun. On essaie donc de jouer autant de titres que possible de cet album. Je pense que la manière dont les morceaux sont introduit où retirés de la setlist est un processus naturel. Tu arrives à un moment où tu réalises que tu ne prend plus de plaisir à jouer certains morceaux que tu as trop joués. Et je crois qu'on a beaucoup ressenti ça avec quelques vieux titres comme " Radioactive Toy " et " The Sky Moves Sideways " que nous avons joués tellement souvent. Et si tu ne prends plus de plaisir, alors je crois que le public peut sentir que le plaisir et l'enthousiasme ne sont plus là. Si on aime jouer certains morceaux, on essaie toujours de le inclure dans le set. Le set représente donc ce qui nous plaît toujours. Et cela inclut bien évidemment beaucoup de chansons récentes qui sont plus fraîches, plus nouvelles pour nous. Mais il y a aussi quelques morceaux plus anciens qu'on aime beaucoup comme " Voyage 34 " ou " Signify ". C'est fun de les jouer. Donc tu vois les choix sont faits de manière très naturelle. Bien sûr, quand on fait la première partie d'un groupe comme DT, on essaie d'orienter le set vers ce que leur public va le plus apprécier. Il n'y aurait aucun intérêt à jouer des morceaux lents et planants pour le public de DT. Ce que vous entendrez ce soir est donc le Porcupine Tree plus dur, les morceaux rock. Ca a l'air de marcher, et on doit trouver la bonne formule. On croise les doigts.

E G : Tu es en train d'écrire le prochain album de Porcupine Tree.

SW : Oui, j'ai écrit environ quatre chansons.

E G: Comment ça se passe pour le moment ?

SW : C'est un peu tôt pour le dire. Certains me l'on déjà demandé. Le prochain album marquera un certain changement par rapport au dernier. Ca a toujours été important à mes yeux que Porcupine Tree continue d'évoluer et de changer d'album en album. Je crois que l'une des critiques que j'ai entendu, la seule critique que j'aie eue vraiment, c'est que les gens aimaient l'album, mais ils sentaient que c'était la première fois que Porcupine Tree n'avait pas fait un pas en avant significatif au niveau du style par rapport à l'album précédent. Stupid Dream et Lightbulb Sun sont en quelque sorte les deux faces d'une même pièce. Ce qui d'une certaine manière était prévisible tant ils ont été ecrits et enregistrés en peu de temps. Dans les trois mois qui ont suivis la sortie de Stupid Dream, on a commencé a enregistrer Lightbulb Sun. J'ai maintenant le sentiment qu'après avoir fait ces deux albums, le moment est venu d'essayer de faire quelque chose de plus expérimental, de plus sombre et si possible de moins commercial, quoi que cela veuille dire. Je crois qu'on a fait nos " albums de chansons ". Il y aura toujours, comme sur chaque album, une forte continuité de l'identité de Porcupine Tree. Mais je pense que les morceaux que je suis en train d'écrire marqueront un nouveau départ. Mais il est un peu trop tôt pour dire exactement comment tout ça va se concrétiser. Attendez vous à l'inattendu, c'est ce que je dirais.

E G: Un des aspects importants des deux derniers albums est le travail réalisé sur le chant. Est ce que tu veux continuer dans cette voie ?

SW : Je pense que oui. Je pense que le côté vocal de la musique est devenu plus important pour moi. Je me sens plus auteur aujourd'hui qu'autrefois. J'étais quelqu'un qui construisait des atmosphères et des textures sonores. Je pense que je le suis toujours, mais j'ai le sentiment maintenant que l'écriture des chansons est aussi important pour moi que la construction de l'aspect sonore du groupe. Des 4 morceaux que j 'ai écrits jusqu'à présent, il y a trois chansons et un instrumental.

E G: Les paroles que tu écris ont tendance à être nostalgiques et parfois tristes. Est ce volontaire ou cela vient il de ta propre personnalité ?

SW : Ce n'est pas quelque chose auquel je pense. Je veux dire que je n'essaie pas d'écrire des textes dans un style particulier. Ca vient de moi. C'est comme un miroir qui reflète ma propre personnalité. Mais je pense que la chose à dire, c'est que pour moi, les chansons tristes font partie de mes goûts musicaux. Les chansons tristes sont pour moi les plus émouvantes, celles qui font que je me sens mieux. Et la musique joyeuse me déprime.

E G: J'imagine que tu aimes le blues ?

SW : Oui, je trouve ça très émouvant. Et les groupes que j'ai toujours aimés ont tendances à être très sombres, très déprimés et nihilistes. Quand j'entends les Spice Girls à la radio, ça me déprime. Car la musique artificiellement joyeuse et optimiste ne correspond à rien dans ma vie. Je pense que ces chansons tristes, mélancoliques et nostalgiques sont celles auxquelles les gens s'identifient le plus, et je ne suis pas une exception. Car je pense qu'on a tous connu des moments négatifs dans la vie, et ça me rassure de savoir que d'autres personnes ont connu le même genre d'émotions, les mêmes sentiments. Mais je n'essaie pas d'être négatif ou cynique. Tu sais, j'ai eu une vie assez heureuse, je n'ai pas connu particulièrement de tragédies dans ma vie. Mais je dirais qu'il y a deux éléments dans les paroles que j'écris. Le premier est une sorte de nostalgie pour l'enfance. Beaucoup de mes chansons sont écrites avec un regard sur mon enfance. De plus, il y a beaucoup d'éléments de rêves dans ma musique, des sortes d'images de rêves surréels et abstraits, que les gens interprètent souvent comme étant très négatifs, nostalgiques et mélancoliques. Mais je les trouve assez positifs. Il y a cette chanson sur le dernier album qui s'appelle " where we would be " qui pour moi est une chanson très positives. C'est un regard en arrière sur un aspect de mon enfance qui est très positif.

E G: Justement, le dernier couplet de la chanson paraît un peu pessimiste...

SW : Mais on peut voir ça comme quelque chose de positif. Tout ce que je veux dire, c'est qu'on ne devient jamais ce qu'on imagine qu'on sera. Quand j'étais enfant, je pensais que je serais artiste ou quelque chose dans le genre. Je finis musicien. Ca me convient bien, je suis assez heureux de ça. Ce que je dis, c'est que d'une certaine manière, je trouve amusant que tu t'imagine toujours dans le futur, et inévitablement tu te retrouves dans un autre endroit et tu es quelqu'un d'autre. Certainement quelqu'un de bien mieux. Ce n'est pas nécessairement négatif. Mais c'est intéressant de voir ce que les gens pensent de Porcupine Tree. Ils interprètent immédiatement les choses négativement. Peut-être des choses que dans mon esprit j'ai conçues d'une manière positive.

E G: En parlant de l'enfance, peux tu nous dire quand et comment tu as commencé à jouer de la musique ?

SW : J'ai commencé à jouer de la musique quand j'avais environ 10 ans. Pour moi, les deux choses qui se sont produites en même temps ont été de tomber amoureux de la musique en tant qu'auditeur, et presque immédiatement, je suis devenu obsédé, c'est le mot, obsédé par les disques. Acheter des disques, les écouter et m'impliquer dans toute cette culture de musique, de groupes et tout le reste... Presque immédiatement j'ai su que c'était ce que je voulais faire. Pour beaucoup de personnes ça ne se passe pas nécessairement comme ça. Certains sont heureux d'être fans et d'écouter de la musique. Mais moi j'ai tout de suite su que c'était ce que je voulais faire. Et j'ai commencé à jouer de la guitare de manière basique. Ce qui est intéressant, c'est que pratiquement dès le début, je n'ai pas voulu jouer la musique des autres. Je voulais écrire et créer ma propre musique. Et les gens me demandent toujours si je peux jouer quelque chose de connu. Je ne peux pas jouer la musique des autres. Je ne peux même pas jouer " Stairway to Heaven ". Je dois être le seul guitariste au monde à ne pas savoir le jouer. Je trouve qu'il n'y a aucun intérêt à jouer la musique des autres. Depuis le début, ce n'était pas tant l'idée d'être musicien. C'était davantage l'idée de faire des disques, de créer, produire, assembler le tout. J'ai appris à jouer de la guitare, plus tard j'ai dû apprendre à écrire des chansons, et à prendre confiance pour chanter. Toutes ces choses font partie de cette envie de faire des disques, et ce sont des choses qu'il était nécessaire de faire. Et donc presque immédiatement j'ai essayé de formé des groupes quand j'étais à l'école. Je n'ai jamais pris de leçons.

E G: A part la musique, quels sont tes centres d'intérêt ?

SW : Pratiquement toutes les formes d'art m'intéressent. Je lis beaucoup, je regarde beaucoup de films, j'aime l'art contemporain. Mais réellement, ma principale obsession depuis ce jour, à l'âge de 10 ans, quand j'ai découvert ça, est toujours d'écouter de la musique. La musique prend presque tout mon temps. Ecouter, explorer, produire, écrire de la musique. Alors tout le reste vient largement après. Je m'intéresse au film. Mon meilleur ami en Angleterre est réalisateur. Nous prévoyons de travailler ensemble sur le script d'un film un peu plus tard cette année. C'est une activité dans laquelle je souhaiterais m'impliquer. Ecrire des chansons est pour moi quelque chose de naturel. Je ne suis pas le premier musicien a ressentir cela : il paraît naturel que si tu écris des chansons, alors tu as une certaine idée de ce qu'elle serait visuellement sur film. Je pense plus ou moins pour le prochain album à des éléments visuels, mais je ne sais pas sous quelle forme. Il pourrait s'agir d'un court ou d'un long métrage ou juste d'une vidéo. Mais les films seront probablement mon prochain intérêt majeur.

E G: Je suppose que tu as une énorme collection de disques ?

SW : Assez grande. J'ai environ 3 000 CD et albums. Mais je connais des gens qui en ont 10 000 ou 20 000. J'achète 50 à 60 CD chaque mois. Mais je me débarrasse en général de la moitié. Je ne garde pas ceux qui ne me branchent pas. Je connais beaucoup de personnes qui se contentent de collectionner. Ils achètent, ils écoutent une fois et après ils rangent. Si j'écoute un CD une fois et que ça ne me plais pas, je m'en débarrasse. Je le donne ou je le rapporte au magasin. Donc j'aime et j'admire vraiment tout ce que j'ai dans ma collection.

E G: Que penses tu du label " Rock Progressif " accolé à Porcupine Tree ?

SW : Ca dépend. Quelquefois c'est très positif car ça amène des gens à écouter le groupe. Finalement, tu as besoin d'avoir une sorte de label si tu veux vendre quelque chose. Ca a été très utile pour nous d'être reliés à la scène progressive car beaucoup de personnes qui aime ce genre de musique ont acheté nos disques. Certains d'entre eux ont aimé, d'autres pas. Beaucoup sont devenus des fans du groupe. Le côté néfaste du label " Rock Progressif " est qu'il a tendance à exclure beaucoup d'autres personnes, et on a trouvé ça particulièrement problématique avec les médias. Pas nécessairement avec les fans, mais avec les radios et la presse. Si tu est catalogué comme un style de groupe particulier, ça crée des problèmes dès qu'il s'agit d'avoir une exposition médiatique. On a eu des problèmes en Angleterre où le progressif est très mal vu. Je ne sais pas comment c'est ici, mais c'est sûr qu'en Angleterre c'est très négatif. Je pense que les anglais ont une réaction très négative vis à vis du progressif parce qu'ils l'ont inventé dans les années 70 et que tous les grands groupes venaient d'Angleterre. Et puis bien sûr, le punk est arrivé et a tout balayé. Depuis ce temps là les médias musicaux ont ce genre de suspicion. Ca les embarrasse quelque part. Ils s'accrochent à cette idée que les Sex Pistols ont été les sauveurs. Le groupe qui a empêché que le rock disparaisse. Le progressif vit des temps difficiles. Le plus mauvais marché pour Dream Theater, c'est l'Angleterre. Je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à il y a peu de temps. Quand je discute avec des Français, des Hollandais ou des Allemands, ils adorent ce groupe énorme et très connu, mais pas en Angleterre. Et je crois que tout vient de l'embarras des médias anglais. Pas des fans, car ils sont nombreux en Angleterre.

E G: Penses tu que des nouveaux médias comme internet peuvent améliorer la notoriété du groupe ?

SW : Oui. Internet nous a vraiment sauvés. On s'est rendu compte que sans aucun encouragement de notre part, des sites sont apparus partout dans le monde, y compris le vôtre. Et c'est tellement bien car ça a été pour nous un excellent moyen de court-circuiter le cirque médiatique, et d'aller directement vers les fans. Et je ne sais pas ce qu'on aurait pu faire sans ça. Pour nous c'est essentiel.

E G: Penses tu que ce sera plus important à l'avenir qu'aujourd'hui ?

SW: Je me rends compte que cela se développe. La seule réserve que j'ai au sujet d'internet est que tu as toujours besoin de donner une raison au gens de visiter votre site. Donc en d'autres termes, tu peux très bien dire " j'ai ce site donc je n'ai pas besoin de publicité ni de maison de disques ". Mais tu as toujours besoin d'avoir des gens qui viennent visiter ton site. Comment faire? Tu reviens donc à la case départ: Tu dois faire de la pub, de la promotion, être représenté dans la presse, passer à la radio ,bref, faire parler de toi. Donc tu es dans une situation où tu dois tout d'abord susciter la curiosité des gens. Une fois qu'ils sont intéressés, vous avez fait le gros du travail, parce qu'ils visitent le site, ils écoutent la musique, ils lisent la bio, la discographie, ils peuvent acheter en direct par Internet. C'est pourquoi, je le répète, pour nous c'est super car on a pas à vendre nos disques nous même, nous le faisons déjà. Nous n'avons pas à leur vendre plus. On a juste à faire connaître les sites sur Porcupine tree. Les gens peuvent y aller dès ce soir, s'ils aiment le groupe, ils consultent les sites, trouver des infos sur le groupe et c'est vraiment fantastique pour nous. Donc oui ça prend vraiment de plus en plus d'importance comme de plus en plus de gens viennent se connecter sur internet.

E G: Qu'est-ce que tu penses de Napster?

SW: Heu !, en fait je n'approuve pas trop les gens qui se font de l'argent par ce biais. Il y a deux façon de voir les choses. Metallica contre Napster: c'est un peu gros qu'un groupe comme ça s'en prenne à Napster parce qu'évidemment ils sont si riches que ça ne changera rien pour eux. Et les gens ont tendance à penser " De quoi ils se plaignent au juste? Ils gagnent tant d'argent sur le dos de leurs fans ". Alors que pour un groupe comme Porcupine Tree qui réussi à peine à survivre financièrement c'est différent. Nous sommes juste des musiciens professionnels, et nous perdons beaucoup d'argent a chaque fois que nous faisons une tournée. Nous le faisons parce que nous croyons en notre musique et nous voulons nous montrer devant le plus de gens possible. Si une société comme Napster distribue notre musique gratuitement (je ne sais pas si notre musique est disponible sur Napster, je n'ai pas vérifié), donc si les gens ne doivent payer, cela estropie un groupe comme le notre. D'un autre côté, c'est évidemment une chose très positive que les gens puissent écouter la musique sur Internet, mais il y a des règles à établir. Donner des albums entiers pour rien, c'est très dangereux pour les groupes comme nous qui réussissent juste à boucler les fins de mois. Donc je ne suis pas très enthousiasmé par Napster pour cette raison.

E G: J'aimerais te poser quelques questions au sujet de tes autres projets. Un fan français voulait savoir si le prochain album de " No man ",qui est prévu pour janvier, sonnera comme le single " Carolina Skeleton "?

SW: C'est dans ce style. Il a été enregistré en même temps que " Carolina Skeleton ". Nous l'avons enregistré il y a deux ans. C'est dans cette veine, avec beaucoup de texte et une ambiance romantique.

E G: Est-ce que vous envisagez une réédition des plus vieux titres de " No man " qui ne sont plus disponibles?

SW: Oui en fait c'est la prochaine étape. Après la sortie du prochain album, nous voulons faire un double CD regroupant tout de 1991 à 1993. Parce que c'est très dur d'obtenir ça aujourd'hui. Peut-être pour l'année prochaine…

E G: Comment as-tu débuté ta collaboration avec Tim Bowness?

SW: On travaillait ensemble sur une compilation de groupes progressifs, quand j'étais encore assez jeune au milieu des années 80. Il était dans un groupe qui s'appelait " Plenty " en ce temps là et il m'a envoyé une cassette. J'aimais sa voix, et je lui ai dit "est-ce que tu aimerais aussi chanter sur un de mes morceaux? ". Et donc il est venu chanter sur le titre qui apparaît sur cette compilation, c'est comme ça qu'on est devenus bons amis. Presque immédiatement après nous avons commencé à travailler sur " No man ".

E G: Le deuxième album d'IEM est terminé, est-il dans un autre style que le précédent?

SW: Oui. Il n'est pas aussi " Kraut rocky ". J'ai sorti un 12'' single l'année dernière et il sera aussi cet album. C'est beaucoup plus schizophrénique. C'est difficile de le décrire. Il y a beaucoup de discours dessus. Juste enregistrer comme des " mad people ". Il y a du jazz, des trucs un peu plus Heavy, c'est plus fou.et aussi très psychédélique.

E G: Le deuxième album de Bass Communion est sorti il y a quelques mois. Penses tu que tu pourrais faire de la musique techno un jour?

SW: Oui c'est possible. J'aime bien la musique électronique rythmique. J'en ai fait beaucoup. Je pensais et je pense toujours qu'il y a tant d'artistes qui font de la techno, certains très bien, d'autres pas terrible. Il y en a beaucoup qui le font très bien comme Aphex twin. Mais j'ai remarqué qu'il n'y avait personne pour faire de la bonne musique ambiante. Purement ambiante sans rythme. Je n'ai entendu personne en faire. J'ai toujours pensé que des gars comme Brian Eno, Tangerine Dream et tous les types des 70's étaient encore les meilleurs, et que personne ne faisait aussi bien qu'eux. Ouais, j'ai juste senti qu'il y avait une occasion pour faire de la musique dans un genre ambiant, dans un style contemporain. Je pensais qu'il y avait beaucoup d'artistes qui faisaient de la techno et je ne voulais justement pas être un de ceux là.

E G: Peux tu nous dire quels sont les artistes qui t'ont influencé?

SW: Il y en a trop pour tous les mentionner. Chaque année je suis influencé par quelqu'un de nouveau. L'année dernière j'ai été très influencé par Nine Inch Nails. Je peux dire par qui j'ai été influencé pour presque chacun des albums. C'est si évident pour moi quand je les écoute. Je peux me souvenir exactement comment je le ressentais parce que je peux l'entendre dans chaque disque. En ce moment j'écoute beaucoup de Heavy métal, et je suis sûr que ça se ressentira sur le prochain album. Un truc très Heavy comme Morbid Angel. C'est mon influence du moment. En fait, j'ai tendance à traverser des phases durant lesquelles j'écoute juste un seul genre de musique alors je découvre beaucoup de groupes dans ce style. Puis je m'en lasse et je passe à un genre de musique différent.

E G: Est-ce que tu as une idée du nombre de copies de Lightbulb Sun vendues à ce jour ?

SW: Approximativement 40.000 jusque là. Mais nous n'avons toujours pas fait de réelle tournée c'est donc un bon début dans l'attente du bénéfice de la tournée à venir. Il y a encore beaucoup de travail à faire.

E G: As-tu quelque chose de spécial à dire aux fans français?

SW: À part ce que j'ai déjà dit " attendez l'inattendu " Faites passer le mot. Je ne sais pas si les médias français sont comme chez nous, mais j'imagine nous n'avons pas eu une beaucoup d'articles de presse ni d'exposition médiatique. Donc si vous aimez le groupe et si vous pensez que d'autres peuvent l'aimer, continuez à répandre la bonne parole. Car je pense qu'avec ce genre de groupes, le bouche à oreille a toujours été une bonne solution. Ca a été très utile pour nous faire connaître, mais c'est si lent vous savez.

E G: Peux-tu nous dire quelques mots en français?

SW: Mon Dieu! J'ai arrêté mon Français au niveau zéro, j'ai peur. Alors probablement pas. Qu'est-ce que je peux vous dire? Peut-être que je peux vous dire en français ce que j'ai dit en anglais mais je ne pense pas que je puisse. Vous m'apprendrez probablement. Je vous vois après le show et j'essaierai de préparer quelque chose. C'est le mieux que je puisse vous promettre pour le moment.