>>> Chronique >>> Porcupine Tree - "Nil Recurring " (2007) >>>


Par Christophe Demagny

Plutôt que de les disperser sur différents singles, Steven Wilson a eu l’excellente idée de rassembler les quatre morceaux écartés issus des séances du petit dernier, le hautement acclamé « Fear Of A Blank Planet » sur un même ep. Format original et artistique s’il en est. Bien trop peu utilisé. Sûrement trop « hybride » pour le « bizness »…

De la même manière que sur la sus-nommée perle (ouh, là, là…), le style du combo est désormais parfaitement identifiable. Les breaks serrés de Gavin, certaines ambiances et sonorités de clavier de Richard… Depuis « In Absentia », Porcupine Tree évolue dans une sphère sonique relativement stable. Ce n’est pas un reproche. Surtout pas pour cette rondelle pour laquelle chaque titre aurait pu se retrouver sur l’album principal. Cela aurait fourni un disque à l’allure sûrement bien différente. Avec certaines longueurs et un rien plus expérimental. Les choix furent visiblement les bons. « Fear… » ayant conservé les morceaux les plus aboutis, un peu plus « classiques » aussi peut-être.
En effet, il ne faut pas se méprendre, nos anglais continuent de proposer une musique riche et novatrice. Etonnamment, il y a même plus de prises de risques ici que sur FOABP. Certains thèmes utilisent cependant le mode de la récurrence propre à de nombreux disques plus ou moins conceptuels.

Le premier titre, « Nil Recurring » est une des belles réussites de ce format court. Avec, à nouveau, Mr Fripp en special guest, on se retrouverait presque plongé quelques années en arrière. Un splendide instrumental, sonnant très « jam », mélange entre les B Sides de « Lightbulb Sun » et un chouia de « Metanoia ». N’attendez tout de même pas un nouveau « Tinto Brass », la pièce est beaucoup plus aventureuse et déconstruite. « Normal » en revanche est beaucoup plus mélodique, ersatz du sublime « Sentimental », lui en empruntant même le refrain (d’ailleurs divin). La structure générale diffère cependant beaucoup, moins fluide avec des sections assez fortement contrastées mais souvent fort bien trouvées (Cette mélodie « Sentimental » !). Imparable là-aussi !
« Cheating The Polygraph » fut interprété durant la tournée de présentation du dernier album, avant sa sortie, fin 2006. Il s’agit donc du fameux titre finalement supprimé et remplacé. Les raisons semblent absolument évidentes à l’écoute. Très peu d’intérêt, ultra classique et sans mélodie forte. Une ambiance plutôt metal avec un riff, comme hélas trop souvent dans ces cas-là, « à la Futile »…

Enfin, « What Happens Now ? », de loin le plus abouti du lot qui est même le seul, à mon avis, qui aurait pu (du ?) se retrouver sur l’album principal. Très bien construit, mélodique à souhait. Un superbe final, une véritable progression harmonique. Et un petit clin d’œil à « Anesthetize » !

Bref, comme toujours avec God Wilson, du très lourd, magnifiquement produit. De toute façon, cet homme ne sait pratiquement pas produire de déchets et chacun de ses projets demeure incroyablement captivant. Il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement ici, surtout que les « B Sides » de Porcupine Tree » ont toujours été réputées pour apporter un plus indéniable, un angle de vue complémentaire et indispensable. Sortant de l’intraitable agencement des albums. Une réussite supplémentaire. C’est d’un lassant ;o)

 

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