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Par Christophe Demagny

"Deadwing" est finalement un album plein de surprises...

Sacrée introduction, n'est-ce pas ? Nombreux s'attendaient à une extension de "In Absentia" et, oui, cette nouvelle galette, d'une certaine façon, l'est. Au niveau de la production, du style aussi parfois. Logique cependant, le groupe possède désormais de nombreux "automatismes" (ce n'est pas péjoratif). Ces deux dernières productions peuvent donc être considérées sous l'angle de leur gémellité, à la manière du duo "Stupid Dream" / "Lightbulb Sun"... avec son lot de différences aussi !

L'ambiance globale est moins "montagne russe" que sur IA qui alternait avec brio morceaux "violents" et passages plus planants. Les titres de transitions comme "Lips Of Ashes" (pas essentiel) sont même ici absents. L'ensemble est donc beaucoup plus compact. Un ensemble assez sombre qui n'est pas sans rapeller "Signify"... (le break central de "Deadwing", morceau à l'intro presque "Up The Downstair"ienne...) J'en vois qui fantasment !!! Dans une récente interview accordée au magazine Rock Hard, Steve Wilson explique sa "libération" relative à la longueur des morceaux par le projet "Blackfield", plus "chansons". Ceci se ressent effectivement par le côté très déstructuré de nombreux titres. Cependant, les mélodies restent absolument omniprésentes ! Peut-être même parfois plus que dans certaines productions passées ! Par exemple, "Halo", passée son intro assez classique PT, alterne, à notre grande surprise, passage presque Nine Inch Nails et envolée harmonique inattendue ! Tout ceci alors que l'on imaginait déjà le titre lancé sur des rails parfaitement rectilignes :o)

Les surprises sont donc nombreuses: "The Start Of Something Beautiful" qui bascule dans sa seconde moitié vers une ambiance beaucoup plus mélancolique que le début très synthétique ne le laissait supposer, "Arriving Somewhere But Not Here", long morceau fascinant qui passe tranquillement (!) de la "pop" la plus évidente à une section limite "trash" avant de retomber, l'air de rien, sur ses pieds, rédéfinissant le concept pourtant galvaudé de la pièce épique. La variété des sons de batterie/programmations est aussi à souligner. Le traitement des ambiances synthétiques (encore plus diversifiées que d'habitude), de la voix...

Il n'y aurait guère que le "Glass Arm Shattering" final (majestueux !) qui pourrait sembler plus "entendu" (un air de famille avec "Moon Touches Your Shoulder"). Mais quand "l'entendu" est de ce niveau... que voulez-vous dire ?!?

A écouter sans préjugés car les options sont multiples. "Shallow", instantané, "Lazarus", la merveille ultime, "Mellotron Scratch", plus rock/folk malgré la tension apportée par... le mellotron justement ! Un morceau encore et toujours surprenant (ses respirations, sa deuxième partie et son splendide final vocal !). Eh oui ! Rarement, Porcupine Tree aura tant étonné, chaque titre finissant rarement là où on l'attend !

On ne sait parfois plus où donner de la tête (et des oreilles) tant chaque seconde de ce chef d'oeuvre (Eh oui !!! Je me lance... !) nous étonne ! Même ce "Open Car" au refrain "Power Chords" est craquant ! Pas de remplissage, que de l'excellence ! Que dire !

Encore un grand disque, plein de surprises et de points de repère. Une production foisonnante et imaginative. Contrasté, cohérent, imaginatif et particulier... Un album qui se dévoilera encore plus au fil des écoutes mais qui, déjà, se situe clairement dans le peloton de tête... !

"Deadwing" est finalement un album plein de surprises... :o)

 

 

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