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par Stéphane "mstanzas"

photos: série 1 - série 2

Ma rencontre avec l'arbre à porc épic est assez surprenante. Et je la dois finalement à The Gathering où lors d'un concert donné à l'Elysée Montmartre un gars du public arborait fièrement un tee shirt à l'effigie de Porcupine Tree. Allez savoir pourquoi, le nom du groupe m'est resté en tête et, guidé par une drôle d'idée qu'il fallait à tout prix que je découvre de qui il s'agissait, je téléchargeai quelques titres sur la toile. La suite de l'histoire ne fut que passionnelle. En quelques semaines, je m'étais déjà offert la quasi totalité des disques du groupe. Je découvrais les origines mystérieuses de Porcupine Tree et le personnage ô combien passionnant de Steven Wilson. A la passion s'est aussi mêlée une sorte d'admiration qui ne fait que grandir ! Et le concert donné hier soir a une fois de plus mis le feu dans mon esprit !

Après mon rendez vous raté de Juillet dernier à la Cigale de Paris et ne pouvant malheureusement me rendre à l'Olympia en décembre, Toulouse me tendait les bras. Et autant vous dire tout de suite que je n'y ai pris que du bonheur, bien difficile à retranscrire avec de simples phrases et mots ! Le Bikini... Après sa destruction en 2001 lors de la catastrophe de l'usine AZF, la ville rose retrouve sa salle quelques kilomètres plus loin de son lieu originel. Presque perdue au fond d'une zone technologique... Arrivé à 17h30, les portes ne s'ouvriront qu'à 20h... Je fais connaissance avec quelques fans du groupe. Il y en a de toutes villes du Sud: Montpellier, Béziers, Toulon, Bordeaux, Bayonne... Un groupe venant d'Espagne également. De vrais aficionados ! Des anglais et un couple d'allemand également... La soirée promet d'être belle

20h et les portes s'ouvrent enfin. Quitte à me faire refuser mon appareil photo, je le dévoile à la sécurité en disant que je travaille pour un webzine musical en partenariat avec le site officiel français. La personne se renseigne et revient me tendant l'appareil: « Fais du bon boulot ! » Classe ! Aucun reproche ne sera à faire à la sécurité ! Des gens cool et compréhensifs. La salle se découvre: un joli bar aux lumières tamisées bleues au fond de celle ci, un stand merchandising... D'une capacité d'environ 800 personnes en fosse, un étage également avec sièges. Joli endroit et certainement la plus belle salle de spectacle qu'il m'ait été donné de voir !

La scène me surprend. Je ne l'imaginais pas aussi grande et aussi profonde ! Un grand écran domine l'arrière scène tandis que les instruments du groupe Anathema bordent l'avant. Le groupe britannique investit alors les lieux et nous offrent une bonne demie heure de son bien plus rock progressif que mélancolique dans lequel évolue pourtant aujourd'hui Anathema. Les frères Cavanagh sont en grande forme et nous délivre un set principalement constitué de nouveaux titres mais aussi de leur dernier album en date « A Natural Disaster ». « Closer » est la pièce centrale du set ! Terriblement efficace avec voix trafiquée, guitare et synthé... Le groupe jouit déjà d'un beau accueil auprès du public même si l'on devine aisément que celui ci est venu principalement pour Porcupine Tree. Quoiqu'il en soit, il est rare de voir et entendre de si bonnes premières parties et je souhaite vraiment à Anathema de rencontrer le succès qu'il mérite. Jovial et charismatique, le chanteur n'aura de cesse de faire monter l'ambiance. Point de « Comfortably Numb » (reprise de Pink Floyd) pourtant réclamé par les fans du groupe, Anathema s'en ira sur un instrumental « Hindsight ». Les roadies envahissent alors la scène et une certaine fébrilité s'empare alors du public dont je fais parti !

Près d'une demie heure d'attente... L'occasion d'admirer la magnifique batterie de Gave Harrison. Je me rends compte que je suis placé devant l'ampli 'Bad Cat' de Mister Wilson et craint alors un peu de n'entendre que celui-ci. Il n'en sera pas le cas et je profiterai tout au long du concert de la meilleure acoustique qu'il soit ! Sur ce point (et bien d'autres également) mon meilleur concert à ce jour !

Les lumières s'éteignent tandis qu'un film est retranscrit sur l'écran. « Fear Of A Blank Planet » et le concert de débuter ainsi sur des images de désolation signées Lasse Hoile. Excellente entrée, jugeant pour ma part que « What Happens Now » ne devrait pas être joué en premier titre comme l'a fait le groupe sur quelques dates. L'ovation est immédiate et s'ensuit donc « What happens now ». Le son, je ne le dirai jamais assez, surprenant et terriblement efficace ! Je perçois distinctement chaque instrument et la voix de Wilson même si celle ci sera légèrement recouverte par le son brute de la guitare lors de « Open Car ». Ceci dit, le morceau veut aussi cela.

Cheveux au visage, la quarantaine, il n'en fait que trente. Pieds nus, de noir vêtu... Steven Wilson est parfaitement à l'aise dans son rôle de meneur. Sans grand discours, il sait toutefois communiquer avec le public bien souvent pour présenter ses titres, s'excusant au préalable de ne pas bien connaître le français. S'emparant d'une guitare acoustique pour un « Lazarus » joué brillamment. « The Sound Of Muzak » nous ramenant quelques années auparavant période « In Absentia ». La surprise de la soirée annoncée par Wilson lui même, ce « Mellotron Scratch » que j'espérais sans m'attendre à ce qu'elle soit ce soir jouée ! John Wesley au choeur accompagnant Steven au synthé, délaissant pour un temps sa Paul Reed. Très joli moment. On atteint déjà les sommets de l'excellence et pourtant le meilleur est encore à venir.

Tout comme dans l'album, « Anesthetize » est le titre phare de cette tournée. Bien plus qu'un « Arriving somewhere but not here » de la précédente tournée déjà terriblement efficace. Quinze minutes de pur délire. Un régal aussi bien sonore (mention spéciale à Gave Harrisson pour ce sublime jeu de fûts) que visuel. La fin du morceau et ces images d'eau et de vagues n'ont pas fini encore de hanter mon esprit ! Lasse Hoil a un fait un travail remarquable sur les films proposés et rien que cela mériterait que la tournée soit filmée pour une parution en dvd avec les films extraits en bonus. Car il n'est pas souvent évident de se concentrer sur les images projetées quand on a les yeux rivés sur les musiciens. Toutefois, je vous conseille de contempler le très émouvant film qui met en scène une jeune fille sur « Way Out Of Here ». Je n'en dévoilerai pas le contenu mais les frissons se sont emparés de moi lors de ce celui-ci. A ces films, des animations également pour illustrer d'autres titres plus anciens que ceux de « Fear Of A Blank Planet » et un light show puissant comme sur ce désormais traditionnel « Blackest Eyes ». Rien de superficiel, tout est intelligemment mis en place pour offrir un spectacle de qualité.

 

On sait Steven Wilson réticent à l'idée de jouer des titres anciens. Il nous en offrira deux « Dark Matter » et « A Smart Kid » qui n'ont rien perdu de leur saveur. Bien au contraire. Le final de "Dark Matter" d'en régaler l'assistance par ce flot de sons déployés par la guitare de Sir Wilson ! On osait espérer un « The Sky Moves Sideways »... En vain ! Pourtant prévu sur la setlist, le morceau ne sera pas joué, le groupe étant entré peut être un peu trop tardivement sur scène. Ceci dit, on ne boudera pas cette setlist vraiment efficace et dont tous les morceaux seront remarquablement interprétés. Par tout le groupe. Du baba cool Colin Edwin au surprenant Gave Harrisson, du flegmatique John Wesley buvant régulièrement du thé (ou du café?) au plus discret Richard Barbieri et forcement God Wilson comme il me plaît maintenant de le nommer ! Un groupe qui n'a véritablement plus rien à prouver sur scène. Visiblement heureux de jouer ce soir dans une si bonne salle en face d'un public conquis dès les premiers instants. Une excellente ambiance ! Des gens biens comme il faut...

Le rappel avec un « Trains » où Wilson reprend sa guitare acoustique. Des « olé » s'emparent des premiers rangs, ce qui fait sourire Steven. « Halo » pour toute fin dans une ambiance survoltée lorsque le frontman lance ses « I've got a halo round me » et repris en choeur par tout le public. Difficile de croire que près de deux heures se sont déjà écoulées et que le show se termine. On en voudrait encore, un ou deux titres de plus... Le groupe quitte la scène sous les ovations amplement méritées et Steven viendra offrir son médiator au fan espagnol complètement acquis à la cause Porcupine Tree depuis les tous débuts de la tournée.

L'excellence à tous les niveaux ! Je pourrais en dire en plus, faire de longues phrases pour exprimer tout mon ressenti sur ce groupe phénoménal. Ce ne seront que des mots... Allez voir Porcupine Tree sur scène et vous comprendrez que tout se vit, rien ne s'écrit vraiment ! En sortant, je passe par le merchandising pour m'offrir un tee shirt ! Je l'arborerai fièrement lors de mes prochains concerts et, allez savoir, peut être que quelqu'un...

 

Setlist:

1- Fear Of A Blank Planet
2- What Happens Now?
3- Lazarus
4- The Sound Of Muzak
5- Mellotron Scratch
6- Anesthetize
7- Open Car
8- Dark Matter
9- Blackest Eyes
10- A Smart Kid
11- Way Out Of Here
12- Sleep Together

rappel:
13- Trains
14- Halo